Premier jour - premier chapitre
Mise au vert - Week-end solo - octobre 2025
Une amie me prête un mayen pas piqué des edelweiss qui surplombe Évolène et Lanaz. Un régal de solitude avisée. Je commence le vendredi soir par une respiration holotropique et glisse, après un repas frugal, dans un sommeil agité. Quelques claquements de poêle ont mouvementé mes rêves et paranoïas.
Quoi qu’il en soit, le lendemain, frais comme une reine d’Hérens, je m’en vais aux grands bains d’Hérémence — c’est prometteur.Quelques 5’789 virages plus tard, me voici arrivé trop tôt, beaucoup trop tôt. Il est 8 h 30 et les bains n’ouvrent qu’à 11 h.Qu’à cela ne tienne, j’ai de quoi écrire — week-end solo oblige. D’ailleurs, une autoroute de créativité vient de s’ouvrir au travers de la montagne.
La plume s’agite sous sa forme digitale et, après 4 ans d’atermoiements, je reprends l’écriture de mon roman presque policier.Ce faisant, je prends quelques boissons du matin, agrémentées de petites conversations avec Marco, le serveur en tenue de fitness qui déplace des meubles.C’est un torrent d’idées et une trame catalysée, comme la chute inexorable de l’eau, qui m’envahit et agite mon corps jusqu’au niveau cellulaire. Je démarre le premier chapitre dans une clarté étonnante. (Ceci n’est pas une métaphore.)
Logorrhée oblige, j’en fais part à mon nouveau pote Marco, qui s’avère être polyglotte — cosmo-poli — et je lui confie que ce lieu m’inspire grandement et que je viens de décider d’y commencer l’intrigue d’un livre.
Au moment de partir découvrir les bains, je demande la potentiellement douloureuse, et il me répond : "Mon nom est Marco, je suis le directeur, et très content que ce lieu vous ait inspiré. Les boissons, c’est pour moi. Revenez nous voir. "
J’ai dit d’accord.
L’écriture de ce livre est lancée. J’ai même trouvé le lieu de l’intrigue.